Focus sur le cimetière de Vals-Les-Bains

Le cimetière de Vals-les-Bains est un lieu que l’on peut caractériser comme étant étonnant et méritant amplement une visite touristique. C’est plutôt rare pour l’Ardèche, où dans l’ensemble, on observe plutôt des cimetières simplement fonctionnels. Contrairement à celui d'Aubenas, Vals-Les-Bains est un véritable témoin de l'âge d'or thermal du XIXe siècle. Son organisation en plusieurs sites et la monumentalité de ses sépultures anciennes racontent l'histoire d'une station qui fut l'une des plus prestigieuses de France.

Le cimetière de Vals-Les-Bains comporte environ 1000 tombes, ce qui est exceptionnellement élevé, considérant qu’Aubenas en comporte environ 1400. La géographie de Vals-Les-Bains est éperdument compliquée. C’est placé tout en longueur sur des pentes.

Vous allez trouver :
- Le cimetière ancien, le plus au sud. Environ 650 tombes.
- Le cimetière 2, plus récent. Très vaste, mais aussi plus aéré et nettement plus fonctionnel. Environ 360 tombes.
- Une extension du cimetière 2, au nord. Environ 120 tombes récentes.
Cela ferait donc une estimation de 1130 tombes.

Le cimetière ancien de Vals-Les-Bains

Historique du cimetière de Vals-Les-Bains

Pourquoi trois cimetières ? C’est la question première qui vient à l’esprit, c’est en effet peu commun pour l’Ardèche. La ville dispose effectivement de trois espaces (souvent nommés cimetières n°1, n°2 et n°3), tous situés à proximité les uns des autres. L'évolution démographique et la saturation sont des causes logiques et très compréhensibles.

Le cimetière ancien numéro 1 est devenu saturé en raison de l'essor de la population valsoise au XIXe siècle. Le manque de place foncière sur les terrains escarpés de Vals a contraint la municipalité à ouvrir successivement de nouveaux espaces, le numéro 2 puis l'extension, plutôt que d'agrandir un site déjà contraint par le relief.

La séparation des cultes est visible, ce qui est plutôt unique pour notre département. Historiquement, Vals-les-Bains a été marquée par une forte présence protestante et catholique. Le cimetière ancien garde la trace de cette division, avec des compartiments qui étaient autrefois distincts selon les confessions religieuses, comme l'exigeait le décret impérial de 1804. C’est de la sorte que vous avez un carré enherbé, avec des toutes petites stèles en pierre calcaire.

Il existe un contraste frappant entre le cimetière ancien, très arboré et romantique, et les deux nouveaux cimetières qui sont des alignements de tombes plus fonctionnels et minéraux, sans végétation notable. Que cela soit dit, le cimetière nouveau n’a vraiment rien de rien de touristique. Profitez de la partie ancienne car c’est la plus jolie.

Le cimetière numéro 2 de Vals-Les-Bains

Pourquoi des monuments aussi imposants dans le cimetière ancien ?

Le cimetière ancien de Vals est exceptionnel par la démesure de ses chapelles et de ses tombeaux. C’est directement lié à l'identité de ville d'eaux de la commune.

Au XIXe siècle, Vals-les-Bains était une station de renommée internationale accueillant des personnalités illustres. Les familles des grands propriétaires de sources (comme les Galimard, exploitants du célèbre Puits Firmin) ou les industriels locaux ont tenu à marquer leur prestige social jusque dans la mort.

Le cimetière abrite les sépultures de figures majeures de l'histoire locale et nationale, comme Paul Ribeyre, maire durant 40 ans et ministre sous la IVe République, ou Paul Champetier, maire et député, dont les monuments reflètent l'importance de leur rang.

Les monuments imposants (chapelles néo-gothiques, stèles sculptées) imitent les codes architecturaux des villas et établissements thermaux de l'époque. C'était une manière pour la bourgeoisie de l'époque de pérenniser son nom dans un site charmant et arboré qui se visitait presque comme un parc.

Procédure de reprise à Vals-Les-Bains

Rénover des tombes à Vals, un défi dans la démesure

Le cimetière ancien de Vals-les-Bains est un terrain d'exercice à part. Si Aubenas est une gestion de flux et de soleil, Vals est une gestion de patrimoine et de micro-climat. Intervenir sur ces sépultures monumentales exige de passer du rôle de nettoyeur à celui de conservateur.

À Vals, le prestige passait par la sculpture fine (anges, drapés, blasons). Ces ornements sont souvent réalisés en calcaire local ou en pierre de Volvic, beaucoup plus poreux que le granit. Sous le couvert arboré de Vals, ces sculptures emprisonnent l'humidité. La pierre devient friable (maladie de la pierre).

Que ce soit ici ou ailleurs, je me fais interdiction totale de la haute pression. Le risque de faire sauter un détail sculpté (un doigt de statue, une pétale de fleur) est immense. Le brossage doit être chirurgical, à l'eau claire, au savon noir, avec des brosses à dents ou des pinceaux souples pour les recoins des bas-reliefs.

Le cimetière ancien est un paradis pour les lichens complexes (jaunes et gris) qui s'incrustent dans la minéralité de la pierre ancienne. Problématique bien connue, ces organismes ne sont pas qu'en surface, ils s'ancrent dans la pierre. Il faut privilégier des traitements biocides à action lente (type ammonium quaternaire) qui agissent sur 6 mois. Une rénovation à Vals ne se voit parfois vraiment qu'une saison après, une fois que les racines des lichens ont été expulsées naturellement par la pierre.

Comme le cimetière est saturé et que les concessions anciennes sont souvent perpétuelles mais oubliées, mon rôle change par rapport à l’Ardèche méridionale. Beaucoup de ces chapelles appartiennent à des lignées éteintes ou des familles très éloignées. À Vals, je ne pratique pas qu'un nettoyage, je développe la sauvegarde d'un petit patrimoine historique. Une chapelle restaurée devient un point d'intérêt pour la commune, ce qui la protège indirectement des velléités de reprise.

Mes actions nécessitent une demande de travaux auprès de la mairie, ce qui est une routine. C’est une démarche que je réalise pour vous.