Focus sur le cimetière de Ruoms

Le cimetière de Ruoms, situé entre l'Avenue Olivier de Serre et la Rue des Anciens Combattants d'AFN, présente une structure très géométrique et aérée, typique d'un aménagement qui a été bien planifié pour optimiser l'espace. Il est divisé en 6 carrés principaux par une allée centrale en forme de croix et des allées périphériques. Il comporte environ 550 à 600 sépultures.

L'allée principale du cimetière de Ruoms

D’un point de vue touristique, il comporte très peu de sépultures réellement anciennes. C’est dû à un manque de place assez affirmé, On peut aisément citer le fait que le cimetière est enchâssé dans le tissu urbain, sans possibilité d’extension. En l’occurrence, ce cimetière est dans un état très proche de la saturation. En contrepartie, nous n’y observons pas – actuellement – de procédures de reprise.

C’est un site propre et minéral. Contrairement au cimetière de Les Vans, Ruoms est très ouvert et exposé. La végétation y est contrôlée (quelques cyprès et arbustes taillés), ce qui signifie que l'humidité stagnante est rare. Le travail ici porte davantage sur le lessivage des poussières calcaires et la protection contre les UV. Les réchampissages (peinture des lettres) ont tendance à cuire sous le soleil de la vallée de l'Ardèche.

C'est un cimetière moderne dans sa gestion, où l'aspect visuel global est très net. Une tombe mal entretenue y ressort immédiatement.

Rénovation de tombe à Ruoms

Le cimetière de Ruoms, au cœur de la ville

Dans les temps ancestraux, le cimetière était localisé autour de l’église. Un décret de Napoléon ordonne le placement du cimetière en dehors de la ville, en 1804. A Ruoms, le cimetière n’a jamais bougé. En effet, le centre médiéval n’a jamais permis le placement du cimetière autour de l’église. L’emplacement est originel, toutefois élargi une fois.

L’absence de tombes réellement anciennes est due à une gestion rigoureuse des concessions. La mairie ne peut pas procéder autrement dans un lieu aussi étroit. Une tombe en état d’abandon est très vite considérée comme envahissante. Le constat est qu’il y en a très peu en ce cimetière.

Le terme technique pour désigner les inscriptions gravées dans la pierre est la gravure ou, plus précisément, les lettrines. L'ensemble du texte (noms, dates, épitaphes) forme la dédicace du monument. Lorsque ces gravures perdent leur couleur, on dit qu'elles sont passées ou éteintes. On parle aussi de farinage, quand elles perdent leur éclat.

Dans des cimetières très exposés comme ceux d'Aubenas ou de Ruoms, le soleil et les chocs thermiques dégradent les liants des pigments. Une tombe aux lettres effacées est souvent perçue par les mairies comme un signe d'abandon, ce qui peut déclencher des procédures de reprise.

Il existe deux méthodes de rénovation. Premièrement le réchampissage à la peinture, c'est la technique la plus courante. Elle consiste à appliquer une laque spéciale de haute résistance dans le creux de la lettre. On utilise tous la même, du Francodur, car c’est l’unique fabriquant français. Seconde méthode, la dorure à la feuille d'or. Ici, on n'utilise pas de peinture couleur or, qui brunit avec le temps, mais de l'or pur, généralement de 22 carats. On applique d'abord une mixtion, une colle à séchage lent, au fond de la lettre. Une fois la colle amoureuse (légèrement poisseuse), on dépose délicatement des feuilles d'or d'une extrême finesse à l'aide d'un pinceau plat appelé appuyeux.

En ce qui concerne la feuille d’or, la méthode est certes qualitative, mais il s’avère qu’elle passe de mode. De nos jours, on observe une certaine sobriété. Il est souvent demandé une peinture noire ou blanche. Il s’avère que leur très grande robustesse provoque une grande longévité. En ce qui concerne les monuments aux morts, il est souvent demandé du rouge-bordeaux.

La spécificité de Ruoms, et c’est un peu unique, est d’avoir une large propension aux plaques de marbre, plutôt que simplement calcaire ou granit. C’est très esthétique, mais globalement fragile. Cela demande un travail de rénovation très minutieux.

Procédure de reprise à Ruoms

A Ruoms, l’entretien est crucial

Plus qu’ailleurs, il est important de veiller à l’état global d’une sépulture à Ruoms. Le manque d’entretien va attirer l’attention. C’est pourquoi les actions de nettoyage et d’entretien des lettrines s’avèrent aussi importants. En outre, Ruoms est une commune fortement touristique, admirablement gérée d’ailleurs. Le cimetière est à l’image de la ville, c’est très propre, mignon et… un peu saturé !

D’un point de vue touristique, nous estimons qu’il reste relativement peu intéressant pour le voyageur de s’y arrêter. C’est un lieu de vie, de départ et de mémoire, important dans l’histoire locale de notre Ardèche.