Expertise et rénovation : Focus sur le cimetière de Les Vans
Le patrimoine funéraire de la commune de Les Vans est très particulier. C’est le plus beau cimetière d’un très large périmètre. Ce fut une ville riche du fait de la sériculture. Des caveaux magnifiques sont situés au sommet, avec une vue imprenable. Ce cimetière regroupe aujourd'hui 480 sépultures. Il date originellement de 1805. Il est implanté sur un terrain tout en longueur et posé sur des pentes. Son état général demande des interventions tout à fait spécialisées.
Le territoire communal comporte aussi les cimetières de Chassagnes et Brahic, que nous n’abordons pas spécifiquement dans ce document. Naves quant à elle n’en comporte pas.

Un cimetière sous couvert végétal
Le cimetière des Vans a un aspect très méridional. On se croirait pour peu en Provence. Les allées ensoleillées sont plantées de nombreux cyprès – d’ailleurs c’est un fait quelque peu curieux, ce ne sont pas des ifs. Ce couvert végétal provoque des dégradations nombreuses aux tombes : couverture des sépultures par des déchets végétaux, prolifération de lichens, recouvrement par un pelliculage noir de mousses nocives.
Pour ces raisons, le cimetière des Vans fait partie des plus difficiles à nettoyer et rénover. C’en est aussi tout l’attrait : notre action est indispensable et cela se voit parfaitement. Les caveaux anciens, dont ceux des sœurs, sont littéralement en état d’implosion. Des plaques de marbres sont cassées au sol, les caveaux sont déchaussés.
Sous un couvert végétal, la lumière est réduite et l'humidité est constante. La prolifération de mousses et lichens est nocive, pas seulement du fait de prendre le tombeau comme support. Leurs acides organiques (acides lichéniques) attaquent chimiquement les minéraux, notamment le calcaire. Le biopatinage est inéluctable et aux Vans, puissant et dévastateur. Un voile noir se forme, rendant les inscriptions illisibles et tachant durablement les pierres poreuses.
Les résineux rejettent des substances collantes qui emprisonnent la poussière et la pollution, créant une croûte difficile à nettoyer sans abîmer la pierre. La décomposition des feuilles mortes au contact de l'eau de pluie crée un environnement acide qui ronge la surface du marbre ou du calcaire, lui faisant perdre son poli.

Des travaux à la technique spécifique
Le cimetière des Vans demande un travail régulier. Comme pour toutes les communes, une demande d’autorisation de travaux est nécessaire auprès de la mairie. Nous sommes habitués à pratiquer ce type de démarche.
Rénover une tombe sous un couvert forestier demande de la douceur pour ne pas fragiliser une pierre déjà dégradée par l'humidité. Il faut retirer mécaniquement la couche superficielle sans rayer le support. Pour cela, j’utilise des brosses à poils souples pour enlever les feuilles, la terre et les mousses sèches. J’éviter absolument la brosse métallique, qui laisse des traces de fer rouillant avec l'humidité. Pour le grattage, j’utilise des spatules pour décoller les plaques de mousse épaisses sans entamer la pierre.
Ensuite, je pratique un nettoyage à l'eau sans haute pression type Karcher, car c’est trop agressif pour les vieux joints, avec du savon de Marseille fortement dosé. Sur le principe, je reviens sur place une seconde fois la semaine suivante, afin de procéder une seconde fois à la même démarche. Ma proximité du lieu favorise cette méthodologie.
Le plus souvent, je fais une reprise des joints. Je gratte les joints effrités et je les refais avec un mortier de chaux, plus souple et respirant que le ciment, pour empêcher l'eau de s'infiltrer et de geler à l'intérieur.
Ces travaux sont menés dans un contexte bien particulier aux Vans. Le cimetière a très peu de places disponibles, il n’y a pas de nouveau cimetière comme on peut le voir ailleurs. Les procédures de reprises sont donc plutôt nombreuses, considérant qu’il est stratégique de faire de la place. Mes actions de préservation des sépultures permettent de solutionner bien des problématiques.