Expertise et Rénovation : Focus sur le cimetière de Joyeuse
Le patrimoine funéraire de la commune de Joyeuse mérite une attention particulière. Ce cimetière, au caractère ancien et marqué par le temps, regroupe aujourd'hui 420 sépultures. Il date originellement de 1840. Il est implanté sur un terrain plat facile d'accès. Son état général demande des interventions spécialisées.

Un diagnostic technique, la pierre calcaire
On y trouve deux majorités de tombes : des sépultures érigées en pierre calcaire, un matériau noble mais extrêmement poreux et fragile ; des sépultures, composées de bacs avec semelle et d'intérieurs en graviers, qui subissent une dégradation accélérée sous l'effet de l'humidité et de la végétation. A la conception, le bac semelle est certes moins cher, mais question entretien, ça met les familles en difficultés.
Le calcaire ne supporte pas les nettoyages agressifs. Un traitement trop brutal peut être irréversible.
Ma solution tient en deux mots, douceur et précision. En tant qu'artisan local, je propose une approche respectueuse de la pierre. Je bannis les jets haute pression destructeurs pour privilégier des méthodes douces qui préservent l'intégrité de la pierre. Là où d'autres privilégient la rapidité au risque d'abîmer le support, je fais le choix de la patience. Ce temps supplémentaire que je consacre à chaque stèle est la garantie d'une conservation longue durée, adaptée à la fragilité de notre calcaire ardéchois.
La pierre calcaire écaille les peintures et les dorures classiques. Je pratique un réchampissage simple, permettant de redonner de la lisibilité aux gravures. Pour que le nom ne s’efface pas, ma pratique consiste simplement à repasser d’office tous les 5 ans. Il vaut mieux un entretien régulier et peu onéreux, qu’une grosse intervention.
Concernant les bacs à semelle, je propose le désherbage manuel et/ou le remplacement des graviers. Je place une bâche épaisse de type visqueen permettant l’absence de reprise de mauvaises herbes, car c'est souvent ce qui décourage les familles âgées de s'en occuper.

Un partenaire pour la commune
Au niveau local sur la commune de Joyeuse, l'entretien général du cimetière est jugé particulièrement passable, ce qui contraint la municipalité à engager de nombreuses procédures de reprise pour abandon. Pour les familles, deux cas de figure se posent : soit l’indifférence totale, soit un signal clair de panique. En effet la procédure de reprise va engendrer la destruction de la sépulture et le placement des reliques en ossuaire commun.
Pour intervenir au cimetière de Joyeuse, je dois demander une autorisation de travaux. C’est en somme le cas pour toutes les communes, mais certaines sont plus regardantes tandis que d’autres laissent faire. En temps habituel, la réponse positive est obtenue sous une semaine.
Je me suis déclaré auprès de la mairie de Joyeuse, ils connaissent mon travail. Mon intervention permet de stopper la dégradation d'une sépulture et d'éviter ainsi qu'elle ne tombe dans le domaine des procédures de reprise administrative.
Le cimetière de Joyeuse possède une surface de « nouveau cimetière », au fond à droite. Toutefois cet espace est insuffisant sur le long terme. Les trous dans les rangs d’anciennes tombes démontre clairement que Joyeuse mandate les entreprises de pompes funèbres afin d’araser des emplacements.
Mon rôle est de servir de médiateur technique : en remettant la tombe en état, je sécurise l'emplacement vis-à-vis de la municipalité et je redonne du temps à la famille. En tant que service de proximité, puisque je suis sur place, je propose systématiquement d'envoyer une photo avant/après par email. Pour les familles qui n'habitent plus Joyeuse, c'est l'argument de sécurité numéro 1.