Focus sur le cimetière d'Aubenas

Aubenas comporte deux cimetières, peu éloignés géographiquement, mais séparés par la rivière Ardèche. Le principal est le cimetière de Bourgneuf. L’accès est établi par la rue René Grimaud, à côté de la rue des Antonins. Il est ouvert tous les jours de 8 heures à 17 heures en période hivernale, de 8 heures à 19 heures en période estivale. Le second cimetière est celui de Pont d’Aubenas. Il était originellement celui d’une seconde commune, il a été rattaché à Aubenas.

Vue générale du cimetière d'Aubenas avec l'allée centrale

Le cimetière d’Aubenas comporte d’après nos estimations entre 1300 et 1500 sépultures, en additionnant les différents secteurs et en tenant compte des enclos familiaux plus vastes. C’est le cimetière le plus vaste d’un très large secteur. Un seul cimetière rivalise, c’est celui de Vals-Les-Bains, qui comporte quasiment 1000 sépultures.

Le cimetière d’Aubenas fut originellement placé aux extérieurs de la ville, puis il a été rattrapé par l’urbanisation. Du coup, ça en fait un lieu profondément ancré dans le tissu urbain. Ce qui le caractérise, c’est son côté extrêmement compact. Le manque de place est franchement marquant, ce qui en soit n’est pas forcément étonnant pour un lieu urbain.

Un carré au cimetière d'Aubenas

Historique du cimetière d’Aubenas

D’une manière générale, les historiques des cimetières sont mal connus et mal décrits. C’est comme si ce patrimoine n’intéressait personne. Du coup, il est assez difficile de retracer les strates de création du lieu.

Contrairement au cimetière de Vals-les-Bains, qui est un cimetière de villégiature du XIXe siècle, escarpé, romantique et chargé de mausolées monumentaux en pierre de taille, celui d'Aubenas a été conçu avec une vision utilitaire et hygiéniste. Les allées sont larges, rectilignes et se coupent à angle droit. C'est le signe d'une création datant de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle, donc un lieu radicalement récent en comparaison à certains cimetières de la Cévenne d’Ardèche, restés finalement intouchés depuis des siècles.

A une époque pas si reculée que ça, Aubenas était un peu plus un gros village plutôt qu’une grande ville. L’essor urbanistique est relativement récent. Aujourd’hui, Aubenas est le poumon économique sud-ardéchois. Son cimetière a logiquement dû suivre l'explosion démographique de la ville.

Comme pour beaucoup de communes, l'histoire du cimetière actuel commence véritablement avec le Décret de Prairial (12 juin 1804) de Napoléon. Ce texte interdisait les inhumations à l'intérieur des églises et des enceintes urbaines pour des raisons d'hygiène. Avant cela, Aubenas enterrait ses morts dans des petits cimetières paroissiaux, notamment autour de l'église Saint-Laurent, en plein centre historique.

Le cimetière du sud a été implanté hors les murs, dans une zone alors totalement rurale, pour laisser les miasmes s'évaporer loin des vivants. Si l'on regarde la physionomie des plus vieilles stèles, on constate qu'elles datent rarement d'avant le milieu du XIXe siècle. Contrairement à Vals-les-Bains, qui a bénéficié de l'essor du thermalisme et d'une bourgeoisie voulant s'exposer même dans la mort, Aubenas est restée longtemps une ville de commerçants et d'artisans pragmatiques.

Du coup le cimetière d’Aubenas comporte peu de monuments emblématiques prétextant une visite touristique. Contrairement à Vals ou Largentière, le terrain est plat. Pas besoin de construire des murs de soutènement cyclopéens ou des chapelles en terrasse pour retenir la terre, ce qui donne tout de suite un aspect moins monumental.

Aubenas est une ville de passage et de foire, simple et fonctionnelle, pratique et peu démonstrative. Le cimetière reflète cette sociologie. C'est un lieu pour déposer ses morts dignement, mais sans l'ostentation aristocratique que l'on retrouve dans les villes d'eaux.

Les monuments du XIXe siècle ont, pour beaucoup, été détruits il y a déjà 50 ou 80 ans pour laisser place aux tombes des années 1920-1950 que vous pouvez voir lors d’une visite de curiosité. Pour ces raisons que nous évoquons, nous pensons que ce n’est pas forcément un attrait majeur d’y projeter une visite touristique. Préférez le vieux cimetière de Vals.

Une procédure de reprise au cimetière d'Aubenas

La gestion du cimetière d’Aubenas ne laisse place à aucun hasard

Plat, minéral, exposé aux vents et au soleil, dominé par le granit et les graviers. C'est un cimetière de gestion fonctionnelle. Il est totalement bien entretenu. Il possède des allées complètement rectilignes et idéalement formées pour le passage de convois funéraires.

L’historique récent d'Aubenas est marqué par le manque de foncier. Le cimetière n'étant pas élastique et étant entouré par l'urbanisme (habitations, commerces), il n'a pas pu s'étendre massivement. Cela explique pourquoi la mairie est si active sur les procédures de reprises. L'histoire ici s'écrit par couches successives. Pour enterrer les nouveaux albenassiens, on est contraint de libérer les concessions dont l'histoire familiale s'est éteinte.

C'est un cimetière actif et utilitaire. Pour un artisan comme moi, c'est un lieu où le travail porte moins sur la restauration d'art de monuments historiques, mais plutôt sur la maintenance préventive et la protection climatique (soleil/UV) pour éviter que le patrimoine de votre famille ne tombe en déshérence. Pour les raisons évoquées, Aubenas est extrêmement attentive à l’entretien des sépultures. Le cimetière possède d’ailleurs du personnel d’accueil sur place.

C'est un cimetière palimpseste : on efface le passé pour écrire le présent par manque d'espace. C'est précisément là que mon rôle de « médiateur » prend tout son sens. Par l’entretien, je suis celui qui empêche que la strate actuelle ne soit effacée par la suivante.

Le site est peu arboré à l'intérieur des carrés. C'est donc l'action du soleil (UV) et les cycles gel/dégel qui sont les acteurs majeurs de l’usure du temps. Le rechampissage et la reprise des joints s’avèrent fréquents. Un constat s'impose u moindre visiteur, la saturation du lieu est extrême. Cette pression foncière pousse la municipalité à une gestion rigoureuse des concessions, multipliant les procédures de reprise pour état d'abandon. À Aubenas, une tombe qui semble délaissée est une tombe menacée.

Mon travail consiste à redonner un aspect décent et entretenu à vos monuments familiaux. Un nettoyage professionnel et une remise en état des joints suffisent souvent à stopper une procédure administrative en prouvant aux autorités qu'un ayant-droit veille sur la sépulture.